• Malika Moine, la dessinatrice marseillaise qui raconte les bidonvilles

    Vernissage : vendredi 24 mars à 18h

    Du 24 mars au 7 avril il vaut la peine de passer rue de l’Académie. Le tableau piège – à voir et à manger vous propose une expo toute en finesse. Les dessins de Malika Moine représentent un carnet de voyage fascinant autour des bidonvilles de la Capelette et la Parette…

    malika moineDessins de bidonvilles, la Capelette et la Parette, mars 2013-juin 2014

    Je suis allée dessiner ces bidonvilles avec Dominique Idir, d’Artriballes, qui faisait là-bas un travail extraordinaire – qu’elle continue aujourd’hui hors bidonvilles…
    Au fil du temps, chaque mardi après-midi, j’ai été d’abord à la Capelette, et après le démantèlement et la destruction des cabanes par la police, j’ai suivi les habitants à la Parette, grand terrain de la Communauté de communes, isolé des habitations « normales ». Les Rroms construisaient leurs cabanes avec un vrai savoir-faire, chacune avait un poêle en brique ou fabriqué à partir d’un bidon, auprès duquel il faisait bon se chauffer l’hiver. Peu à peu, un véritable village avec des rues s’est constitué, et Kamar Idir et quelques habitants ont construit une sorte de cabane pour tous où avaient lieu des ateliers d’art plastique, de français. Des architectes ont apporté des toilettes sèches, un projet de potager était dans le vent, les habitants pouvaient travailler, entreposer la ferraille ou autres objets récupérés dans les poubelles et vendus aux Puces le dimanche. Beaucoup d’enfants étaient scolarisés…
    Et puis, la Communauté de Communes a changé de bord et le bidonville a été rasé…
    C’est un peu de cette histoire dont mes dessins montrent des parcelles…
    En juin 2014, est paru dans le Ravi une sorte de BD avec les textes de Jean-Cyril Salemi, journaliste qui donnait des cours de français dans la cabane pour tous.

    Malika Moine 

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